Le château Miranda ou Château de Noisy

Le Château Miranda ou Château de Noisy, de son vrai nom, est en train de vivre ses dernières heures. La nouvelle est tombée le Lundi 24 Octobre et le bourgmestre de Houyet, Yvan Petit, l’a confirmé ; les travaux de démolition longtemps demandés par le propriétaire du château, le comte Hadelin de Liedekerke Beaufort, débuteront le 27 Octobre 2016.

Le château Miranda est désormais encerclé par la société de démolition Castagnetti de Flémalle et ses engins. Selon l’échevin des Travaux de la commune, Jean Hyat, le château va être démonté « pièce par pièce » afin de récupérer les plus beaux éléments architecturaux. Depuis l’annonce de cette nouvelle dans le quotidien La Meuse, tout le petit monde de l’urbex est en émoi. Il faut dire que ce château est sans aucun doute un des spots les plus connus et les plus fréquentés par les explorateurs venus des quatre coins de l’Europe. Revenons sur son histoire.

Chateau Miranda Chateau de Noisy

Le Château de Noisy est un château de style néogothique et néo-Tudor qui a été construit sur les terres de la ferme où s’était réfugié le compte de Liedekerke-Beaufort durant la Révolution Française ; après avoir été chassé de son château de Vêves. Ce sont ses descendants qui décidèrent de confier sa construction à l’architecte anglais Edward Milner. Quelques années plus tard, l’architecte français Pelchner fit construire la célèbre tour du château. Les travaux débutèrent en 1903 pour se terminer quatre ans plus tard. Après avoir été occupé pendant la seconde guerre mondiale, en 1951 le Château de Noisy est finalement transformé en colonie de vacances pour les enfants des employés de la SNCB. Malheureusement, un incendie ravagera une partie du château. Comme si ça ne suffisait pas, on découvrit également que la batisse était infestée de mérule, un champignon connu pour grignoter les habitations. Le château est laissé à l’abandon à partir de 1991 mais sera malgré tout utilisé comme décor pour le film Dead Man Talking de Patrick Ridremont.

C’est en 2013 que le comte Hadelin de Liedekerke Beaufort demanda pour la première fois un permis de démolition du Château de Noisy. Dans une interview accordée à Marie-Laure Mathot, le propriétaire du château explique sa décision : « Il y a un problème de sécurité publique. Il y a eu, via internet, de plus en plus de visites sauvages, non-annoncées, dans le château. C’est devenu dangereux. J’en ai parlé avec le bourgmestre de notre commune, Yvan Petit, car la question me préoccupait. Je ne voudrais pas qu’il y ait un accident. C’est la raison principale de ma demande de démolition. De plus, le garde-chasse assermenté de Noisy a été agressé. Il a fini aux urgences. C’est quand même un problème ! Si ces visites risquées n’avaient pas eu lieu, nous aurions laissé le bâtiment devenir une belle ruine. » Cette interview est assez intéressante et permet d’en apprendre un peu plus sur ce personnage qui considère que ce château n’est ni plus ni moins qu’ « une folie d’un arrière-arrière-grand-père ». On apprend également que la société patrimoniale Miranda SA avait entrepris des discussions avec un groupe hollandais entre les années 1992 et le début des années 2000 ; mais l’investissement trop lourd avait fait capoter le projet. Par la suite d’autres offres seront déposées mais aucune n’avait « d’ossature financière suffisante » aux yeux du comte.

comte Hadelin de Liedekerke Beaufort Chateau Miranda Chateau de Noisy

Face à cette position s’engage alors un bras de fer entre le comte et ceux qui souhaitent sauvegarder le Château de Noisy. L’ASBL Aresno tente alors de trouver des investisseurs afin de proposer un projet de réhabilitation au bourgmestre. Malgré les propositions répétées d’Alain Maes, président de l’ASBL ARESNO, pour sauver le château, le comte préférera sa destruction. « Monsieur Maes, à travers son ASBL, oublie un point fondamental. Dans la lettre qu’il m’a envoyée, il voudrait prendre un bien pour zéro franc, zéro centime. En tant que responsable de Miranda SA, ce n’est pas envisageable. Et puis, ces 5 millions sont assez notionnels en plus d’être insuffisants. Concrètement, il faut complètement désosser le château et reconstruire tout son intérieur. L’investissement ne serait jamais récupéré. » Finalement, le permis de démolir le château Miranda sera accordé en Juillet 2015. Il aura donc fallu plus d’un an pour que ce dernier se mette en place et mis à exécution.

Chateau Miranda Chateau de Noisy

Outre ce récit historique officiel, l’histoire du château Miranda recèle quelques parts d’ombre. Alors que le comte héritier tentait de faire raser son château, ce dernier et / ou son garde-chasse se seraient adonnés aussi à la chasse aux urbexeurs à longueur de journée ; au sens propre comme au figuré. Caché dans son parc, il aurait guetté, carabine à la main les indélicats osant s’infiltrer dans le château pour y réaliser des prises de vue. Le 27 Janvier 2014, un article quotidien La Meuse se faisait écho de cette situation. Cet article raconte la mésaventure d’un Bruxellois et de son épouse venus tourner une vidéo aérienne du château de Noisy et s’étant fait tirer dessus alors qu’ils se trouvaient à l’intérieur du château. Officiellement, nul ne sait qui a tiré … officiellement …

Quoi qu’il en soit, la situation va se reproduire à de multiples reprises au cours des années suivantes. Ayant visité le château Miranda dernièrement, les traces de ces actes sont clairement visibles : plombs dans la cours et impacts de tirs sur les fenêtres ne laissent aucun doute. Cette situation explosive (sans mauvais jeu de mot) associée à l’état de délabrement avancé du château Miranda ont clairement incités, pour ne pas dire obligés, le bourgmestre de Houyet à signer la permis de démolition de ce chef d’oeuvre architectural.

En Mars 2016, le Comité Tourisme et Culture de Celles a donné la possibilité aux Cellois de se réunir dans la cours pour dire adieu au Château Miranda. Lieu de naissance pour certains, espace de travail pour d’autres ou encore étape incontournable de la petite balade dominicale, le Château de Noisy ne laisse personne indifférent. Plus récemment, l’ASBL ARESNO a organisé deux week-ends de sit-in devant le château pour tenter d’inverser le processus. Mais peu importe la mobilisation, les travaux de démolitions ont débuter et dureront plusieurs mois.

Good Bye Miranda !

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