Les Sarrazinières

Je viens de me rendre compte que je ne vous avais jamais vraiment parlé d’un souterrain de Lyon pourtant mythique : les Sarrazinières (qu’on écrit aussi les Sarrasinières). Si sa localisation est aujourd’hui connue, sa date de construction et son utilisation restent encore très floues.

Les Sarrazinières étaient constituées de deux galeries qui relaient la ville de Lyon à la ville de Miribel en passant Montluel, Saint-Clair et la ville de Neyron. Pour être précis les deux galeries arrivaient à l’angle de la rue du Griffon et de la rue du Puits Gaillot à Lyon et allaient jusqu’à Neyron, puis une seule galerie reliait Neyron à Miribel. Au total, ce souterrain mesurait environ 13 kilomètres de long.

Les Sarrazinières

Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien puisqu’une grande partie des vestiges de ces souterrains ont été détruits lors de la construction de la ligne de chemin de fer. De plus, la construction du barrage de Pierre-Bénite, dans les années 60, a fait monté le niveau de l’eau engloutissant, ou détruisant à l’occasion de crues, les galeries restantes. J’ai eu la chance de pouvoir pénétrer dans une des galeries des Sarrazinières. Cette petite portion de galerie est un des rares vestiges de ce souterrain. J’ai aussi découvert les restes d’un autre morceau de galerie dans un champs mais impossible de rentrer dedans puisqu’il est aujourd’hui totalement enseveli sous la terre.

Mais alors, pourquoi les Sarrazinières fascinent-elles ? Tout d’abord, leur forme est particulièrement atypique : deux voies d’un mètre quatre-vingt dix de large sur deux mètres soixante-seize de hauteur, parallèles, identiques et séparées par un mur central. Leurs murs avaient une épaisseur de quatre-vingt centimètres. Ce réseau fascine aussi parce que l’on ne sait pas avec précision quels lieux étaient reliés grâce à ces galeries. Des traces de leur présence ont été certifiées à Néron, Crépieux, Rilleux et Miribel. Il y aurait également une entrée à Beynost qui relierait deux châteaux.

Comme je vous le disais, nous ne connaissons pas non plus leur date de construction. Plusieurs hypothèses perdurent. Selon certains, ce sont les romains qui auraient construit ce souterrain afin d’amener l’eau puisée dans le Rhône à Neyron et à Lyon. Mais cette théorie est souvent contredite puisque les constructions romaines étaient souvent construites avec du ciment rouge et enduites de tuileau. D’autres prétendent que les Sarrazinières seraient d’origine Mérovingienne. C’est en tout cas la thèse développée par Camille Germain de Montauzan, dans son ouvrage Les Aqueducs Antiques. Certains y voient une construction militaire : un espèce de chemin couvert permettant de relier le château de Miribel aux fortifications de la ville de Lyon ; mais les dates ne correspondent pas. Enfin, d’autres pensent qu’elles ont été construites par Guillaume de Beaujeu ; c’est le cas de Walid Nazim qui a écrit le livre L’énigme des arêtes de poisson. Selon cette théorie, Sire Guillaume de Beaujeu, le dernier grand maître des templiers connu, possédait depuis 1218 les terres allant de Miribel et de la Croix Rousse. Les Sarrasinières étaient donc effectivement sur ses terres.

Là où cette théorie devient intéressante, c’est que Walid Nazim écrit qu’il existe quasiment le même type de souterrain, avec deux galeries parallèles, en Israël à Saint-Jean-d’Acre. Hors, au treizième siècle, le Royaume de Jérusalem est le principal port de Terre Sainte. Terre Sainte où a siégé le dernier maître de l’ordre du Temple … Guillaume de Beaujeu. Alors, les Sarrazinières et les Arêtes de poisson seraient-elles liées ? En tout cas, elles se croisent au niveau du Rhône ; aujourd’hui cette portion est totalement immergée. En plus de cela, la ressemblance entre les deux souterrains est frappante : origine inconnue, fonction inconnue, maçonnerie similaire, etc.

Les Sarrazinières

Walid Nazim va encore plus loin dans sa théorie. Selon lui, les Sarrasinières auraient permis et servis à creuser le mythique souterrain Lyonnais sans que personne ne le sache ; à l’abris des regards. La première galerie aurait servis à acheminer le matériel et la seconde à sortir la terre. La taille des galeries permettait effectivement d’y faire passer des chevaux et des charrettes. Tout cela expliquerait qu’il n’y ait pas de trace des travaux et plus globalement des arêtes dans les archives de la ville de Lyon.

Cette théorie sur les Sarrazinières nous ramène donc à une autre énigme dont nous avions déjà parlé : à quoi servaient réellement les arêtes de poisson ? Le saurons-nous un jour ? Pour le moment, l’énigme perdure …

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