Urbex Pripiat – L’école maternelle Doles

Par Mathieu , le 11 mai 2017 , mis à jour le 18 juillet 2018 , 1 commentaire - 5 minutes de lecture
urbex prypiat ecole doles

Cet article est le premier d’une petite série autour du thème « Urbex Pripiat ». J’ai passé deux jours dans la zone d’exclusion de Tchernobyl pour découvrir ce qu’il restait de la ville plus de 30 ans après la catastrophe. En dehors des sentiers battus, vous pourrez découvrir et comprendre ce qu’il s’est passé là-bas et ce qu’il s’y passe aujourd’hui.

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Urbex Pripiat – 31 ans après la catastrophe nucléaire

Après avoir passé les contrôles de sécurité des militaires pour rentrer dans la zone, c’est couverts par deux couches de vêtements que nous débutons notre exploration de la ville. Sous 24 degrés et un soleil de plomb, autant vous dire que j’aurais préféré pouvoir être habillé d’un short et d’un t-shirt. Malheureusement, cette précaution est indispensable pour se protéger des radiations et des tiques qui pullulent dans la ville.

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Il faut dire que certains relevés effectués sur place font froid dans le dos. Si le taux de radiation dans l’air est globalement sans danger dans la majorité de la ville, certains « hot spots » sont loin d’être décontaminés. Nous avons pu constater qu’il reste notamment des zones avec de fortes concentrations d’uranium et de plutonium. Contrairement à ce qui peut être dit, se balader dans la ville de Pripiat n’est pas sans danger ; mieux vaut s’attacher les services de guides professionnels pour s’y rendre et réduire, si ce n’est éviter, les risques.

Urbex Pripiat – Un peu d’histoire

Vous le savez surement, la ville de Pripiat se situe à 3 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Elle a été bâtie en 1970 afin d’héberger les employés de la centrale de Tchernobyl et toute leur famille. La ville avait été dimensionnée pour accueillir plus ou moins 75 000 habitants et se composait de 180 bâtiments ; le tout répartis en 5 districts s’étendant sur 130 000 m2.

urbex prypiat

Au passage, petite parenthèse concernant le nom de la ville et surtout comment il s’écrit. Vous avez le choix : vous pouvez écrire Pripyat ou Pripiat mais aussi Прип’ять en ukrainien et Припять en russe.

Lors du dernier recensement, presque 50 000 personnes vivaient dans la ville. Malheureusement, le 26 avril 1986 à 1h24 tout s’arrêta. Le quatrième réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosa au cours de tests devant permettre de démontrer qu’il est en mesure de redémarrer seul si une coupure d’électricité survenait. Les 49 360 habitants furent alors irradiés et laissés dans la confusion la plus totale.

Urbex Pripiat ecole doles

Ça n’est que le 27 Avril, soit 30 heures après l’explosion que l’évacuation des habitants commencera. Hautement radioactive, la ville de Pripyat sera partiellement vidée par les militaires. L’objectif : éviter que des objets contaminés ne soient récupérés et emmenés hors de la zone. Autre objectif : éviter le retour des populations. Aujourd’hui en plein cœur de la zone d’exclusion de Tchernobyl, la ville de Pripiat est une zone fantôme où la nature et les animaux s’épanouissent en toute quiétude ; ou presque.

Urbex Pripiat – L’école Doles

Au milieu de cette végétation très dense, il est parfois difficile de distinguer certains bâtiments. Pour ce premier article, je vous propose de vous emmener dans l’un d’entre eux. La ville disposait de deux écoles secondaires pouvant accueillir 2000 élèves, de quatre institutions enfantines pouvant accueillir 1200 enfants et d’une école de musique. Partons à la découverte de l’une des écoles de Pripiat et plus précisément dans une école maternelle ; ou institution enfantine.

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L’école Doles est un des bâtiments les plus étonnants de la ville abandonnée. Elle est encore pleine d’objets abandonnés par les enfants et leurs enseignants après la catastrophe. Ici les poupées, les jouets, les photos et les cahiers côtoient les masques à gaz. Le temps semble comme figé et nous permet de comprendre un peu ce qui a pu se passer il y a maintenant 31 ans. Tous ces objets abandonnés dans l’urgence figurent désormais des témoignages du passé et de la catastrophe.

Urbex Pripiat ecole doles

Chaque étage se ressemble : vestiaire, salle de classe et dortoir se suivent en enfilade. En forme de « U » et articulés autour de petits jardins. Ces bâtiments avaient été imaginés afin d’éviter, ou en tout cas ralentir, toute contagion en cas de maladie. Fait étonnant, certaines écoles de Kiev reprennent aujourd’hui encore la même architecture et la même organisation.

Aux murs : de nombreux messages de propagande écrit en rouge. Dans tous les bâtiments de la ville de Pripyat, ces doctrines semblent guider la vie des habitants et les orienter dans les directions souhaitées par le régime soviétique de l’époque.

Dans de prochains articles sur le thème de l’exploration urbaine à Pripiat et à Tchernobyl, je vous emmènerais également visiter des appartements abandonnés, l’ancienne salle de réception de la ville, certains magasins, le collège, son gymnase, etc. Je vous ferais également découvrir sa grande roue, ses laboratoires où l’on faisait des tests sur les animaux, son cinéma et bien plus encore.

Commentaires

Le 15 mai 2017 à 15 h 20 min, PhilRock Pictures a dit :

Extraordinaire reportage d'un lieu ordinaire devenu graçe à ou à cause d'une catastrophe écologique sans précédent une ville extraordinaire... Bravo à son auteur pour les photos incroyables d'une vie qui s'est arrêtée d'un coup... sans crier gare... 50.000 personnes évacuées pour ne laisser derrière eux que leurs souvenirs et leur vie d'avant.
Bravo pour ce beau témoignage.
PhilRockPictures

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